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Spirit Figure Nggwalndu

Abelam, Foot hills of the Prince Alexander mountains, East Sepik Province, Papua New Guinea.

Circa 1940

This fine Abelam figure represents Nggwalndu: Invited to “leave the swamps” where it remains outside the villages, the fundamental spirit is called upon by villagers to take the form of figural representations, mainly in the spirit house, at the occasion of the Yam ceremonies as well as the diverse initiation ceremonies (Craig Barry, B H Schaublin). 

In Abelam culture (but also in neighbouring Kwanga and Boiken cultures), Nggwalndu is also represented on spirit houses panels and under the form of large spirit panels and carvings inside the men’s houses , on bone daggers, on pots and on drums.

 

The present type of Abelam figure is special though, as it adopts the fundamental "hoker position" (or "W" position).

That hoker position can be found in the early productions of the neighbouring  Boiken (Hamson) as well as in the oldest examples of Abelam Art . We illustrate here  a similar figure collected in 1884 by Roland Bonaparte and now conserved at the Quai Branly Museum (63 cm, inv 71.1887.31.169).

It is also notable that cave paintings documented in the Buang country (Snake river, Morobe province) by French anthropologist Françoise Girard (dating from the mid 19th Cent) have a strikingly close iconography. Finally it is essential to draw another bridge, from the Sepik, through Morobe, with the neighbouring peoples from the Gulf of Papua who also use the hoker position greatly, in their Gopes and other two dimensional objects.

 

In that sense, the Abelam hoker position figure may draw his roots more deeply than one can think.

That pictorial representation found across the Pacific may even symbolize the old fashion women used to give birth, crouching, with the help of a tree branch.

 

On our figure the nose is pierced, a feature only found on older Sepik art and the triangular headdress “wakan” carries a hole from which the figure would have been attached to the ceremonial house facade.

Our figure was obviously conserved in a kitchen, as the smoky, thick by places and greasy, patina, attests. This mode of conservation saved the figure from insect damage, which was already at work on the feet when it was taken out of cultural use. Under the black patina, one can still see traces of natural red pigments, in the joints especially. The piece was not carved with non-metal tools, like the older Roland Bonaparte example illustrated here. But it really is that same type of figure and I estimate it to be from the 1930's .

The piece comes from a French private collection and sits on a custom  metal base. It is in very good condition for its age and thanks to its mode of conservation.

H: 63 cm (24 3/4 inches)

Price: 1400 Euros enquiry

Statue représentation d'esprit Nggwalndu

Abelam, pied des collines des montagnes du Prince Alexander, province du Sepik de l'est, Papouasie Nouvelle Guinée.

Vers 1940

Cette belle statue Abelam représente Nggwalndu: Invité à «quitter les marais» où il demeure en dehors des villages, l'esprit fondamental est appelé par les villageois à prendre la forme de représentations figuratives, principalement dans la maison des esprits, à l'occasion des cérémonies de l'igname ainsi que les diverses cérémonies d'initiation (Craig Barry, BH Schaublin). Dans la culture Abelam (mais aussi dans les cultures voisines Kwanga et Boiken), Nggwalndu est également représenté sur les panneaux de maisons spirituelles et sous la forme de grands panneaux spirituels et de sculptures à l’intérieur des maisons des hommes, sur des poignards en os, sur des pots en terre cuite et sur des tambours.

Ce type actuel de statue Abelam est cependant spécial, car il adopte la «position en W» fondamentale dans l'art oceanien.

Cette position en "W" se retrouve dans les premières productions du Boiken voisin (Hamson) ainsi que dans les plus anciens exemples d'art Abelam. Nous illustrons ici une statue similaire collectée en 1884 par Roland Bonaparte et aujourd'hui conservée au musée du Quai Branly (63 cm, inv 71.1887.31.169)

Il est également à noter que les peintures rupestres documentées dans le pays de Buang (rivière Snake, province de Morobe) par l'anthropologue française Françoise Girard (datant du milieu du XIXe siècle) ont une iconographie étonnamment proche. Enfin, il est essentiel de tracer un autre pont, du Sepik, en passant par Morobe, avec les peuples voisins du Golfe de Papouasie qui utilisent également beaucoup la position en "W", dans leurs Gopes et autres planches bidimensionnelles.

En ce sens, la figure de la position en "W" Abelam peut puiser ses racines plus profondément qu'on ne peut le penser. Cette représentation picturale, que l'on retrouve dans l'ensemble du Pacifique sud, pourrait symboliser la façon qu'avaient les femmes d'accoucher dans des temps très anciens, accroupies et accrochées à une branche d'arbre.

Sur notre statue le nez est percé, une caractéristique que l'on ne trouve que sur l'art Sepik plus ancien et la coiffe triangulaire «wakan» porte un trou à partir duquel la figure aurait été attachée à la façade de la maison de cérémonie.

Notre objet était visiblement conservée dans une cuisine, comme l'atteste la patine de fumée, épaisse par endroits et grasse. Ce mode de conservation a sauvé la figure des dommages causés par les insectes, qui étaient déjà à l'œuvre sur les pieds lorsqu'elle a été sortie de son contexte rituel. Sous la patine noire, il est encore possible de distinguer des traces de pigments rouges naturels, dans les articulations notamment.

La pièce n'a pas été sculptée avec des outils en pierre ou en coquillage comme l'ancien exemple de Roland Bonaparte illustré ici. Mais c'est vraiment le même type d'objet, et j'estime qu'il date aux alentours des années 1930.

La pièce provient d'une collection privée française et repose sur une base en métal. Il est en très bon état pour son âge et ce grâce à son mode de conservation au dessus d'une cuisine du moyen Sepik.

H: 63 cm

Prix: 1400 Euros écrire un email